Les enfants ayant grandi au milieu d’un foyer violent, exposés à de perpétuelles agressions et violences, sont eux aussi, des victimes, des victimes collatérales des violences conjugales. De manière directe lorsqu’ils sont eux-mêmes frappés, insultés, humiliés et menacés ou de manière indirecte lorsqu’ils sont exposés.

 En France, 143 000 personnes, vivent dans un foyer où des violences ont été signalées. Dans 90% des cas, la femme est la victime. Les principaux témoins de ces scènes sont les enfants, dont le nombre s’élèvent à 4 millions. Les violences conjugales sont la première cause d’intervention des institutions de la protection de l’enfance et pour cause, 40% des enfants subissent à leur tour des violences.

Mais que se passe-t-il réellement pour un enfant qui est exposé à des violences conjugales ?

Il n’y a pas d’âge où la violence paraît plus ou moins importante, les réactions et les conséquences engendrées seront différentes. Par exemple, si elles interviennent dans les premières années de l’enfant, sachant que ses aptitudes à s’exprimer, dont le langage ne sont pas développées et qu’il requiert que l’enfant baigne dans un environnement sain, fait d’images totalement différentes que celles de violences face auxquelles il ne peut exprimer de réaction, juste inscrire ces horreurs dans sa mémoire traumatique.

Les conséquences de ces violences sont funestes et l’impact traumatique sur l’enfant aura des répercussions immédiates et importantes sur sa vie d’adulte. Un grand nombre d’enfants victimes de violences conjugales présentent un état de stress post-traumatique qui peut se manifester de différentes manières, tels que des cauchemars, de l’hypervigilance, un sentiment d’insécurité, de culpabilité et d’impuissance. Ces conséquences vont non seulement créer des séquelles sur le développement de l’enfant comme l’isolement, le trouble de la concentration, conduites dangereuses, addictions ou encore, comportements suicidaire mais elles risquent également, de laisser apparaître des comportements qui portent atteinte à autrui, en étant agressif ou lui-même violent, car il a adopté une image erronée du couple. Les problèmes de santé aussi prolifèrent, comme des retards de croissance, des allergies, des troubles ORL et dermatologiques, des maux de tête ou des troubles du sommeil ou de l’alimentation.

Tous ces signes, en globalité ou individuellement, doivent alerter les professionnels qui sont là pour aider les enfants et pour permettre leur totale protection, il importe de sensibiliser et de former les travailleurs sociaux, les magistrats, les médecins, les professeurs, les services de polices et de gendarmerie à repérer ces signes qui ne trompent pas.

Et pourtant, la justice amasse par centaines les dossiers où l'on a identifié des violences au sein d’un foyer familial, or ces dossiers prennent l’apparence des enfants dont ces papiers dévoilent le secret, ils demeurent oubliés, mis de côté, leur appel à l’aide étouffé et réduit au silence. Pour cause, une pénurie de personnel et de places en foyer.

Face aux défaillances de la protection de l’enfance qui ont mené au décès d’un nourrisson, une enquête a été ouverte et les chiffres sont glaçants, ce n’est pas moins de 100 mineurs en danger dont le placement n’a pas été exécuté en Loire-Atlantique, malgré l’ordonnance du juge de les mettre à l’abri dans des foyers. Et pourtant, c’est ce même département qui leur impose de prendre leur mal en patience. Mais le département est loin d’être le seul à avoir un système de protection de l’enfance délabré, que ce soit des placements non exécutés, des prises en charge imposant obligatoirement une durée de six mois. Finalement, on se rend bien compte que le système de protection de l’enfance en France, en globalité, est défaillant, voire inexistant vu le manque d’actions, d’accompagnements et de réponses. Le manque de places dans les foyers existants, ou de personnels pour intervenir auprès des familles, des enfants est accru mais au-delà de ça, ce signal d’alarme ne parait pas si grave aux départements qui sous-investissent dans ce qui pourrait sauver plus d’une vie. C’est le cas du Département du Loiret, qui annonce en Octobre 2021 le renforcement de la prévention et de la protection de l’enfance, et un grand plan pour faire face à l’augmentation du nombre d’enfants faisant l’objet d’une ordonnance de placement en créant 150 nouvelles places d’hébergement. Et sur ces 150, seules 114 seront réellement crées, les 36 autres victimes de violences seront priées d’attendre et de souffrir en silence, le temps que des recrues arrivent.
 

Pour en savoir plus

https://seinesaintdenis.fr/Les-mots-pour-le-dire-l-impact-des-violences-dans-le-couple-sur-les-enfants

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/loiret-seulement-114-nouvelles-places-d-hebergement-creees-pour-la-protection-de-l-enfance-1665576053

https://www.violencesconjugales-enfants.fr/

https://sosviolenceconjugale.ca/fr/outils/sos-infos/les-enfants-temoins-et-victimes-de-la-violence-conjugale

https://www.magicmaman.com/l-impact-des-violences-conjugales-sur-les-enfants,3641775.asp

https://solidaritefemmes-la.fr/home-besoin-daide/les-effets-sur-les-enfants-exposes-aux-violences-conjugales/

Edouard Durand : l'impact des violences au sein du couple sur les enfants
https://youtu.be/_VEY-O4URsI