Avec Élise, nous avons adopté ce protocole associé à l’usage d’huiles essentielles de Lavande et de Ylang Ylang. Il suffisait d’en disperser au revers de l’oreiller afin d’éviter tout contact avec la peau. Un premier cauchemars a montré une évolution marquante.
Elle se trouve dans la maison de son enfance, des personnages menaçants apparaissent. Ils poursuivent sa sœur, elle tente de les en empêcher. Devant l’impossibilité de faire face, elles fuient ensemble.
Premier temps d’une sortie de la sidération habituelle. Les agresseurs n’ont pas disparu mais, au moins, elle et sa sœur ont pu échapper à la menace vitale. Cette transformation onirique s’accompagne dans la vie d’une succession de prises de conscience qui lui rendent plus facile l’application des exercices de TCC que nous lui avions transmis auparavant.
Cependant, certaines personnes ne sont pas réceptives à cette méthode. Pour tenter d’y remédier mais aussi d’accélérer le processus de traitement, le Dr Lampros Perogamvros et ses collègues ont couplé la thérapie IRT à la méthode de réactivation de mémoire ciblée (Targeted Memory Reactivation, TMR). En envoyant des stimuli précis au cerveau de la personne endormie – souvent des odeurs ou des sons associés préalablement à des expériences récentes – il est possible de renforcer la mémoire de ces apprentissages. Dans ce cas précis, il s’agissait de réactiver les souvenirs liés aux exercices IRT. » (Publication dans la Revue Current Biology. HUG, Hôpitaux Universitaires de Genève. Voir également les travaux de la biologiste et psychologue, Sophie Schwartz du Geneva Center for Neuroscience, University of Geneva, Switzerland)
Les études dans lesquelles le dormeur est réveillé pendant le processus d'endormissement (stade de sommeil N, ou non paradoxal, 1), le sommeil normal (stade de sommeil N2), le sommeil profond (stade de sommeil N3) et le sommeil paradoxal (REM) indiquent que la personne éveillée peut très souvent se souvenir d'une activité mentale qui a eu lieu avant l'éveil. En sommeil paradoxal, presque chaque réveil donnait lieu à un rapport de rêve élaboré. Mais dans plus de la moitié des réveils des autres phases du sommeil, la personne peut aussi se souvenir de quelque chose. Ces résultats ont conduit à l'hypothèse que la capacité de réflexion fondamentale du cerveau ne semble jamais s'arrêter et que sa capacité à produire l'expérience d'un monde cohérent se poursuit pendant une grande partie du sommeil – même sans l'apport de lumière, de sons ou d'autres stimuli.
On peut aussi, en s’inspirant des suggestions d’Antonio Zadra associer des parfums qui peuvent éveiller des souvenirs heureux chez le rêveur. On peut aussi associer des stimulations musicales ou sonores qui viseraient le même but. L’apprentissage de la répétition d’image repose sur différentes phases préalables. On donne d’abord des informations de base sur le sommeil et les cauchemars pour préparer le sujet et lui apprendre ainsi à gérer au mieux les étapes suivantes.
- On écrit le cauchemar en lui donnant un épilogue différent que l’on pourra changer ;
- Au cours de la journée, on se répète ces nouveaux scénarios ;
- Pour contrôler les effets de la technique, on reste le plus vigilant possible en veillant à noter les productions oniriques qui suivent. Dans le cas de Lise, par exemple, la charge émotionnelle demeure puissante, le changement d’épilogue demeure subtil mais sensible.