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Jeunes sportifs exposés aux Violences sexuelles

Les conséquences

créé par La Rédaction du site - Dernière modification le 27/04/2025


Les conséquences

Les violences sexuelles peuvent avoir des conséquences profondes et durables sur les jeunes sportifs, non seulement sur le plan psychologique, mais aussi sur leurs performances sportives. Voici quelques impacts majeurs observés :


1. Conséquences psychologiques

  • Anxiété et dépression : Ces troubles sont fréquents après un traumatisme sexuel, et ils peuvent affecter la motivation, la concentration et la gestion du stress en compétition.
  • Troubles du sommeil : Un sommeil perturbé compromet la récupération physique et mentale, ce qui nuit directement à la performance.
  • Baisse de l'estime de soi : Le sportif peut perdre confiance en lui-même, se sentir coupable ou honteux, ce qui nuit à sa capacité à s'affirmer sur le terrain.
  • Trouble de stress post-traumatique (TSPT) : Il peut provoquer des flashbacks, des réactions de panique ou d’évitement, y compris dans des contextes sportifs qui rappellent l’agression.

2. Conséquences physiques

  • Douleurs psychosomatiques : Le stress peut se manifester physiquement par des douleurs musculaires, des maux de tête ou des troubles digestifs, nuisant à l'entraînement et aux compétitions.
  • Risque de blessures accru : Un jeune sportif moins concentré ou physiquement fragilisé est plus exposé aux blessures.

3. Impact sur la carrière sportive

  • Désengagement sportif : Certains abandonnent complètement leur pratique par perte de plaisir, peur ou parce que le sport est associé au traumatisme (surtout si l’agresseur faisait partie de l’encadrement).
  • Ralentissement de la progression : Même sans arrêt complet, les performances stagnent ou régressent à cause de l’instabilité émotionnelle.
  • Isolement social : Le sportif peut se replier sur lui-même, refuser les contacts avec les coéquipiers ou entraîneurs, ce qui nuit à la dynamique d’équipe.

Conséquences sur la motivation

Les violences sexuelles ont des effets néfastes sur la motivation du jeune sportif, affectant à la fois ses motivations intrinsèques et extrinsèques. La motivation sportive, souvent basée sur le plaisir, le sentiment de compétence et la reconnaissance sociale (Deci & Ryan, 2000), peut diminuer lorsque le sport est associé à une expérience traumatique.

  • Perte de sens : L’agression peut faire perdre au sport son sens initial (plaisir, dépassement de soi, reconnaissance), réduisant la motivation à s'entraîner ou à performer.
  • Auto-sabotage : Dans certains cas, des jeunes peuvent inconsciemment freiner leurs performances pour éviter d’attirer l’attention ou pour se punir.

🎯 Perte de motivation : un mécanisme complexe

La motivation est essentielle dans le sport, surtout pour les jeunes qui nécessitent des repères, des encouragements et un environnement sécurisant. Un traumatisme sexuel perturbe cet équilibre et déclenche divers mécanismes psychologiques.


🧩 1. Perte de sens et de plaisir

  • Le sport devient associé à la souffrance : Si l’agression s’est produite dans un cadre sportif (vestiaire, stage, compétition...), le jeune peut commencer à associer son activité favorite à la douleur, la peur ou la honte.
  • Le plaisir disparaît : La joie du jeu, le sentiment de progression ou les relations avec les coéquipiers peuvent être perçus comme insécurisants ou inutiles, réduisant fortement l’intérêt pour le sport.
  • Questionnement identitaire : Le jeune sportif peut aussi se demander : “Pourquoi continuer si je ne me sens plus moi-même ?” – ce qui entraîne une perte de repères profonds.

⚠️ 2. Auto-sabotage inconscient

  • Frein à la réussite : Certains jeunes victimes développent un mécanisme d'auto-sabotage : ils s’empêchent inconsciemment de performer pour ne pas être "vus", admirés ou valorisés, ce qui pourrait les replonger dans des situations de domination ou d'attention non désirée.
  • Punition de soi : Le sentiment de culpabilité, fréquent chez les victimes, peut mener à une volonté inconsciente de se punir, en se privant de réussite, ou en se retirant des compétitions.

😶‍🌫️ 3. Détachement et désengagement progressif

  • Baisse de l’engagement : Le sportif peut montrer un désintérêt croissant pour les entraînements, devenir distrait, en retard, ou absent.
  • Abandon progressif : Cela peut aller jusqu’à l’abandon total du sport, sans que l'entourage comprenne nécessairement pourquoi.
  • Rejet de la discipline ou de l’autorité : Le rapport à l’entraîneur ou au cadre sportif peut devenir tendu, surtout si la figure d’autorité rappelle celle de l’agresseur.

❤️‍🩹 Reconstruction possible

Un accompagnement psychologique adapté est essentiel. De nombreuses victimes peuvent retrouver une relation saine avec le sport, voire en faire un levier de reconstruction, si elles sont entourées de manière bienveillante et professionnelle.

Malgré cette perte de motivation, un chemin de reconstruction est tout à fait possible, notamment grâce :

  • à un accompagnement thérapeutique pour aider à renouer avec soi-même et avec le corps ;
  • à un environnement sportif sécurisant et bienveillant ;
  • à la reprise de contrôle : retrouver le pouvoir de choisir, de s’exprimer, de poser ses limites peut restaurer le sentiment de sécurité et raviver la motivation intrinsèque.

Perte de sens et désengagement

De nombreux jeunes victimes rapportent une perte de sens : le plaisir du jeu disparaît, remplacé par la peur, la honte ou l’anxiété (Parent & Vaillancourt-Morel, 2020). L’environnement sportif, parfois traumatisant, peut alors provoquer un évitement caractéristique des troubles liés au stress post-traumatique (APA, 2013).

Certaines victimes développent des comportements d’auto-sabotage inconscient en freinant leur progression, évitant les compétitions ou se désinvestissant des entraînements. Cela peut être une stratégie de protection contre l’exposition médiatique, la valorisation, ou des situations perçues comme intrusives (Fortier et al., 2009). Le sentiment de culpabilité ou de honte intériorisé renforce cette tendance à l’auto-punition (Feiring, Taska & Lewis, 2002).

Un désengagement progressif peut se manifester par de l’absentéisme, une baisse de performance, un rejet des figures d’autorité sportive ou un abandon de la discipline. Ce retrait est fréquemment mal interprété par l’encadrement, qui ne détecte pas toujours les signes d’une détresse post-traumatique, notamment chez les adolescents dont le comportement peut apparaître rebelle ou démotivé (Lang & Hartill, 2015).

Les chercheurs soulignent que pour aider à la reconstruction et à la remobilisation des jeunes sportifs, un accompagnement psychologique spécialisé et un environnement sportif sécurisant sont essentiels (Brackenridge & Rhind, 2014).

Références bibliographiques

- American Psychiatric Association. (2013). *DSM-5: Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux*.

- Brackenridge, C. H., & Rhind, D. J. A. (2014). *Child protection in sport: Reflections on thirty years of science and activism*. Social Sciences, 3(3), 326–340.

- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). *The “what” and “why” of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior*. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268.

- Feiring, C., Taska, L., & Lewis, M. (2002). *Adjustment following sexual abuse discovery: The role of shame and attributional style*. Developmental Psychology, 38(1), 79–92.

- Fortier, K., Parent, S., & Lessard, G. (2009). *L’abus sexuel dans le sport : une revue de la littérature et perspectives d’intervention*. Revue canadienne de psychoéducation, 38(2), 219–232.

- Lang, M., & Hartill, M. (2015). *Safeguarding, child protection and abuse in sport: International perspectives in research, policy and practice*. Routledge.

- Parent, S., & Vaillancourt-Morel, M.-P. (2020). *Les conséquences des violences sexuelles dans le sport : Revue de littérature et pistes d’intervention*. *Revue de psychoéducation*, 49(1), 129–150.