Victimes de violences sexuelles et procédures judiciaires
«Les victimes et les auteurs ne sont pas égaux psychologiquement, moralement et, la plupart du temps, financièrement. L'Etat doit respecter les droits de la défense et la présomption d'innocence, mais il doit aussi protéger les victimes.» Tels sont les propos d 'Elodie Tuaillo, avocate au barreau de Paris.
On peut dire que les ressources dont disposent les victimes peuvent être un facteur de risque ou de protection pour elles et, en outre, la vulnérabilité psychologique de la victime devrait également être prise en compte.
Approche centrée sur la victime
L'État doit certes respecter et défendre la présomption d'innocence, mais il est également d'une importance vitale de protéger les victimes. Cela signifie qu'il faut accorder de l'importance aux droits des victimes et utiliser une méthode systématique pour dialoguer avec elles dès le moment où les allégations sont connues, ainsi que dans toutes les interactions ultérieures.
Selon les Nations unies, l'approche centrée sur la victime accorde la plus haute priorité aux droits et à la dignité des victimes, ainsi qu'à leur bien-être et à leur sécurité. Cette approche nécessite la fourniture empathique, individualisée et holistique de services cohérents et fiables, sans jugement ni discrimination.
Manque de ressources judiciaires pour les affaires de violence sexuelle
Pour l'avocate Elodie Tuaillo, il y a un problème dans le pays : les violences sexuelles ne sont pas suffisamment pris en compte par le Parquet. C'est-à-dire que lorsqu'il s'agit de mener des enquêtes nécessaires dans ces affaires, il n'y a pas assez de moyens investis, ce qui fait qu'il rend vraiment difficile d'aller au bout des faits dans les affaires de violences sexuelles. En France, entre 2007 et 2016, il y a eu au total 69 000 condamnations pour violences sexuelles, dont 18 % de viols, 75 % d'agressions sexuelles et 6 % d'agressions sexuelles sur mineurs.
Source
Victimes: la justice est un combat - Le Club de Mediapart