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Mères et enfants, les victimes du contrôle coercitif

créé par Manon Kaddour-Lantheaume - Dernière modification le 16/01/2024


Mère :

La violence conjugale s’immisce dans la parentalité de la mère victime. Cette violence va avoir impact direct sur les capacités de parent de la mère, c’est-à-dire, pouvoir protéger son enfant de cette violence, se rendre disponible pour lui, être un modèle positif etc. Le quotidien remplis de violence va avoir une très influence négative sur les relations intrafamiliales.

Donc au-delà des actes violents, l’agresseur met en place des règles qui bouleversent le quotidien de la mère (intrinsèquement celui de l’enfant aussi). La mise en place de ces règles, comportent diverses stratégies. Toutes visant à maintenir la famille sous tutelle, à les prendre pour objets de son pouvoir – Entitlement. Ces stratégies ont pour but de créer une cage autour de la mère, des limitations invisibles. La mère se met à douter d’elle-même, de ses capacités de maman. Elle sera toujours entre l’inquiétude et la culpabilité de bien vouloir faire les choses pour éviter les représailles de l’agresseur. Petit à petit, son territoire de vie se rétrécit, ainsi, se forme la cage autour d’elle.

 

Enfant :

Au Québec, on estime que plus de 25% des enfants sont témoins de violences conjugales. Les différentes conséquences sur l’enfant sont nombreuses :

  • Conséquences psychosociales sévères
  • Difficultés dans les relations sociales
  • Conséquences sur la santé physique et mental (augmente la vulnérabilité de développer un trouble mental)
  • Augmente les difficultés scolaires ou l’abandon scolaire
  • Participation à des activités criminel
  • Augmente les risques d’être victime de bullying ou d’en faire
  • Augmente les risques d’abus sexuels
  • Impact neurologiques à long terme

Nous pouvons nommer ces enfants de co-victimes, car ils ne sont jamais des témoins passifs de ces violences. Nous parlerons alors, de triangulation, lorsque toute interaction est alimentée de conflit et de détresse, car l’enfant est forcé à prendre position entre les deux parents, alternant entre une association entre la mère et le père. L’agresseur fera toujours en sorte que l’enfant soit de son côté. L’enfant se retrouve dans une position des plus délicate, vacillant entre des négociations, le retrait, former des unions, résister, se sauver, se détacher, tout en devant choisir entre sa propre sécurité et le bien-être de sa famille. Il doit donc anticiper, interpréter, reconnaitre et craindre leur responsabilité dans les conflits intrafamiliales et leur conséquences. Pour cela, il sera en recherche de solutions pour se protéger psychologiquement et physique, pour lui-même et son entourage familiale.

L’intimidation ainsi que la violence est aussi bien dirigé vers le parent ciblé que vers l’enfant. L’agresseur user d'abus sur l’enfant comme stratégie de contrôle sur l’autre parent, même en situation post-séparation. L’enfant est donc l’objet central de contrôle dans les comportements de contrôles coercitifs. L’implication de l’enfant dans ces comportements se présentes sous différentes formes :

  • L’isolement
  • Blackmail (ne pas révéler ce qu’il se passe)
  • Monitoring des activités
  • Stalking
  • Être utiliser pour minimiser et justifier les comportements violents de l’agresseur

Cependant, au regard de notre société, l’enfant est perçu comme témoins des violences conjugales et non comme victime.

Tout comme leur mère, les enfants peuvent à la fois aimer leur père et le détester, laissant place à une grande détresse et sentiment de confusion.

"Les enfants sont de bons observateurs mais ils peuvent être de mauvais interprètes. Ils sont en mesure d’écouter et de voir, mais ils ne comprennent pas les situations de la même manière que les adultes."

Malheureusement, lorsque l’enfant deviendra adulte, il aura intégré le faite que la violence, les menaces et l’intimidation permettent d’obtenir ce que l’on veut. Cela sous-tend les croyances de « être l’agresseur ou être la victime » et « la victime est responsable de la violence subit, et n’y a aucune conséquences pour l’agresseur ».

Définition :

Bullying : toutes formes d’intimidation et de violence, physique, verbale ou psychologique qui ton lieu à l’école, à répétition et dure dans le temps. Cela peut se produire dans la cour de l’école ou en classe. Généralement, touche les enfants de 12 à 15ans. Cela se maintient par le biais de silence et de complicité des camarades témoins et surtout ceci témoigne de l’abus de pouvoir de l’harceleur. De nos jours, ça s’étend même quand la victime est chez elle, à travers les réseaux sociaux : le cyberbullying.

Entitlement : Exercice par un individu d’un pouvoir sur un tiers, au sein de la famille par exemple, en abusant d’autorité et en faisant de l’autre un objet de sa propriété.

Stalking : harcèlement par la traque, le piégeage. Le but est de poursuivre et d’épuiser la victime considérée comme une proie.

Sources :

Refuge por les femmes de l'Ouest de l'Île

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