Justice insane

La justice confie une fillette de 4 ans à son père qu’elle accuse d’abus sexuels, malgré plusieurs signalements

L’affaire qui vous livrée ici peut vous paraître incroyable mais elle est plus fréquente qu’il y paraît. Malgré les signalements de plusieurs médecins remis à la justice, celle-ci a décidé tout récemment de confier une fillette de 4 ans à son père. L’enfant l’a pourtant accusé à plusieurs reprises, notamment devant des policiers, d’avoir commis sur elle des abus sexuels.

Première publication sur le site Donde Vamos en septembre 2018. Et si nous publions ce témoignage c’est parce que nous connaissons cette maman, ce témoignage est en tous points crédible.

Un père qui pète les plombs

L’histoire ressemble à beaucoup d’autres, et un certain nombre de mamans pourront se reconnaître dans cette affaire.
Dès le début de la grossesse de la maman, le père a commencé à se montrer agressif et colérique, disant même qu’il ne voulait pas d’enfant. Cette violence est allée crescendo dans les semaines suivant la naissance de la fillette.
Le père ayant poursuivi la mère, l’ayant harcelée pendant des semaines, jusqu’au point culminant : une séquestration accompagnée de menaces de mort, la mère a pris la décision de quitter sa ville et son logement avec son nouveau-né de quelques semaines dans les bras.
Une plainte a été déposée pour ces violences et ces crises répétées, elle a été rapidement classée.
Comme on le constate dans les dossiers de ce genre, la parole du père est prise en compte d’emblée par les différents intervenants : justice, experts, services sociaux.

Il règne dans ces contrées obscure de soi-disant sauvegarde de l’enfance le lourd présupposé de la mère ogresse. Héritage dramatique d’une doctrine freudienne appliquée de manière imbécile par des experts endoctrinés.

Le père, appelons X est entendu avec complaisance et sa parole crue sans aucune remise en cause tout au long de la procédure auprès du Juge aux Affaires Familiales (JAF) quand il déclare qu’il n’a jamais été violent, et qu’il s’est à peine emporté, la mère par contre étant qualifiée par celui-ci de déséquilibrée.
Pendant deux ans, les rapports sociaux et expertises se succèdent, à charge contre la mère. Elle est accusée d’avoir tout inventé et d’avoir quitté sa ville, son domicile et son travail juste pour priver le père de l’enfant.
Sur ce, un expert psychiatre nommé par la justice recommande de confier l’enfant à son père alors qu’elle a à peine plus d’un an. Heureusement la JAF ne suit pas cette demande, mais  il est ironiquement précisé que “la mère doit apprendre à faire confiance au père”…
Le père, qui avait obtenu un droit de visite médiatisé pour commencer, puis un droit de visite classique, est parvenu à obtenir un droit de visite élargi pendant que la mère échappait de peu à un retrait de garde… au seul  motif du très jeune âge de l’enfant.

Un enfant qui parle, une justice sourde

Dès que les premiers séjours chez son père ont eu lieu, à la fin 2015, la fillette s’était montrée perturbée, et sa mère ainsi que des personnels de la crèche et la pédiatre, avaient constaté divers symptômes qu’elle n’avait pas avant (maladies à répétition, troubles du sommeil, agitation, stress…).
Un peu moins d’un an après le premier séjour chez son père, la petite qui parle à peine explique notamment à sa mère : ” il a mis le zizi dans la zézette ” en désignant l’auteur des faits comme un proche de son père.
La maman est sous le choc. Mais, elle sait que si elle ne confie pas l’enfant à son père, la justice se retournera contre elle. Elle envoie donc l’enfant chez  X pour deux semaines de vacances.  Mais à son retour, la maman découvre le sexe et les parties anales de son enfant rougies, tuméfiés… enflées, et elle remarque aussi des traces de griffures au niveau de l’entrejambe.
Elle appelle immédiatement un médecin qui constate les lésions et à qui l’enfant se confie. À la surprise totale de la maman, et devant ce médecin l’enfant désigne cette fois-ci son père en plus de l’homme dont elle avait déjà parlé.
Un rendez-vous est pris dès le lendemain à l’hôpital, où le médecin responsable des urgences pédiatriques rédige le premier signalement au Procureur de la République. Ce qui donne lieu à l’ouverture d’une enquête pénale.
Plusieurs signalements suivront  émanant de psychologues, d’une présidente d’association et de la maîtresse de l’enfant.
Pendant des mois il ne se passe rien sur le plan judiciaire, et la fillette est censée aller chez son père. Après avoir consulté diverses personnes, dont son avocate, la maman décide de ne plus honorer les droit de visite, dépose une nouvelle plainte suite à de nouvelles révélations de l’enfant, et écrit au Procureur pour expliquer l’urgence de la situation.

Retournement surréaliste de situation

Ces actes furent effectués en vain : l’enquête a été classée sans suite fin 2017 sans qu’aucune investigation sérieuse n’ait été menée.
Le père avait fait appel de la décision du JAF, et lors de cet appel, le tribunal d’Aix-en Provence a ordonné le placement de l’enfant chez son père, avec tout de même des droits de visite et d’hébergement un week-end sur deux et pendant les vacances pour la maman.
Celle-ci a alors refusé d’exécuter ce jugement car il mettait gravement en danger l’enfant, et aussi parce qu’une audience devant le juge des enfants était prévue trois semaines plus tard, au cours de laquelle elle pouvait demander la protection de la fillette.
Mais le jugement aggrave les choses : la JE prévoit de confier l’enfant à plein temps à son père sous peu, et n’autorise à la mère à voir sa fille que quelques heures par mois dans le cadre de visites médiatisées.
Le père cependant n’obtient pas complètement gain de cause non plus, probablement en raison des divers signalements qui figurent dans le dossier, puisque le juge demande un placement provisoire de la fillette, avec un droit de visite et d’hébergement classique pour le père, cela de façon transitoire.

Qu’en sera-t-il après cette période de transition ?

La tendance dans cette affaire n’est pas à entendre l’enfant, ni les différents professionnels qui ont pris la peine de signaler les faits à la justice, et encore moins la mère.
Une autre question est : que faut-il pour que la justice permette à des parents d’appliquer le principe de précaution, et de ne pas présenter l’enfant à un individu qu’il désigne comme son agresseur ? Combien faut-il de signalements ? Quelles preuves matérielles faut-il ? Des enfants détruits physiquement ? Les symptômes physiques de violences sexuelles sont nombreux, ils sont connus, quand les faits sont récents. Ils disparaissent rapidement et ce sont des symptômes psychiques qui apparaissent. Ceux-là aussi sont connus mais les experts auprès des tribunaux, les juges, certains éducateurs de l’ASE s’en prennent le plus souvent au parent protecteur, la mère dans la plupart des cas…
Et puis, que conseiller à une maman dans cette situation?