Dans la série, “Les experts”, épisode XXX

C’est une constante, l’expertise psychiatrique ou psychologique dans le cadre de signalements ou de doute sur d’éventuelles agression sexuelle d’un parent ou d’un conjoint est souvent défavorable à la personne qui signale les faits. Et, devinez c’est dans la majeure partie des cas une maman. Nous publierons ici des témoignages et des extraits de ces expertise singulières.

L’extrait ci-dessous fait suit à la publication d’un livre sur le sujet. Il s’agit d’un commentaire sur un site tiers.

Les experts

Quand vous parlez d’expert cynique, et bien ! Oui, celui qui m’a expertisée était bel et bien cynique.

Voici quelques extraits de son expertise :

Expertise d’un pédopsychiatre, le 26 décembre 2004…


Suite à cette expertise, à laquelle tout le monde s’est fié pendant la procédure, les personnes motivées (le Capitaine M. qui semblait être convaincu de la culpabilité de mon père) se sont soudainement détournées de moi, en me considérant différemment, voire en me méprisant.

Naïve, et confiante en cette personne choisie par le procureur, je suis arrivée là bas avec mes dessins d’enfant, et quelques photos.

Plusieurs fois auparavant, j’ai essayé de montrer ces dessins à des gens qualifiés (bien que ce ne fut pas nécessaire de l’être pour constater la souffrance et la peur qui s’en dégageait)…


Mon psy, en premier. Il m’a seulement demandé ce que j’y voyais. Silence et la séance se levait.

Ensuite, je suis allée voir deux femmes psy, une qui donnait des cours en psychologie de l’enfant aux Arts Décos, une autre que mon psy m’avait conseillée pour un ami.

Toutes les deux ont refusé de les voir, en me renvoyant poliment et fermement chez mon psy. Une des deux m’a dit qu’au moment où j’étais chez elle, je n’étais pas chez elle, mais chez mon thérapeute…, allez, ouste !

Obéissante, je suis retournée chez mon analyste, ne comprenant rien à ce qui ressemblait à un mauvais film.

Je n’ai pas cherché à comprendre ce que ça pouvait bien vouloir dire, même si ça avait l’air d’être criant à leurs yeux et qu’elles ne pouvaient rien me dire…A moi de résoudre l’énigme ! Mais quelle énigme ? Bref !

Quand j’ai ouvert mon livre de dessins devant cet expert, et que je lui montrait ceux qui étaient le plus parlants, et flagrants…Il ne m’a pas cru quand je lui ai dit à quel âge je les avait faits.

C’est sûr qu’à force de dessiner, toujours les mêmes choses, j’avais acquis une certaine force dans le trait, une maturité graphique rare à cet âge là…

Quand je l’ai contredit, en l’assurant que c’était bien moi, qui, à 4 ans avait dessiné ça, il m’a répondu : « On ne va pas les analyser au carbone 14 ! »

Pendant ces trois heures, j’ai répondu du mieux que j’ai pu à ses questions, je me suis livrée comme jamais, j’ai parlé de mon intimité.

Voici ses conclusions :

« Au total, Mlle. XXX présente une personnalité hystérique, avec comme traits de caractère l’histrionisme, un certain degré de théâtralisme, la dépendance affective, la suggestibilité, le mode de pensée imaginaire, la facticité des affects, la mythomanie, et les troubles de la sexualité. »

« Tendance à érotiser ses relations » […] « une facticité des affects et attachements qui la conduisent à être rapidement déçue » […] « sa dépendance affective, son égocentrisme, la facticité et la labilité de ses affects et de ses émotions la font s’attacher, de détacher rapidement de ses liaisons » […] 

« son choix de montrer ses dessins, ses photos, sont goût pour les tenues révèlent son désir de paraître, d’être le point de mire » […]

« Ce qu’elle nomme spasmophilie est en fait des symptômes de son hystérie » […]

« Caractère suggestible, malléable, influençable. Ainsi, si elle se sent proche d’un symbole (voir tatouages « ésotériques »), elle en est convaincue (…) ceci illustre la labilité de ses identifications et la plasticité des rôles joués »

[…] tendances fabulatoires, goût pour l’ésotérisme, la pensée imaginaire, et la pensée magique, l’immaturité affective…semblent avoir concouru pour lui permettre de se forger sa conviction et arriver à sa conclusion… » […]

« Pauvreté symptomatique, crises pseudo-syncopales, somatisation hystérique, sentiment étrange de certains épisodes de dépersonnalisation sans déréalisation… » […]

« Absence de réminiscences diurnes, d’asthénie matinale, de cauchemars répétitifs, absence de conduites d’évitement et de restriction du champ des interactions sociales… »


Je m’arrête là. 

Oui, la France a des progrès à faire dans le sujet.

En écrivant ce livre, vous participez à une mise en lumière de cette chose si spécifique qu’est l’inceste.