Danger en protection de l’enfance

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution du livre collectif “Danger en protection de l’enfance, Dénis et instrumentalisations perverses”
chez Dunod sous la direction d’Hélène Romano et d’ Eugénie Izard.

Cet ouvrage s’est construit à partir des expériences de terrain, non seulement des auteurs mais aussi et surtout des multiples retours faits par les professionnels travaillant dans le secteur de la protection de l’enfance.
Ce début de xxie siècle est marqué par une régression sans précédent dans l’évaluation du témoignage des enfants victimes de maltraitance aboutissant le plus souvent à un déni de la réalité de ces violences et à un manque crucial de protection. Après une décennie de différentes théories à visée anti-victimaire comme l’aliénation parentale ou la théorie des enfants menteurs, nous constatons ces derniers temps le retour des idéologues des « faux souvenirs ». Les parents protecteurs se trouvent souvent d’emblée suspectés d’instrumentaliser leurs enfants, et les professionnels, qui soutiennent l’enfant, d’être partisans ou partiaux ; pendant que les auteurs s’érigent en victimes. Ces dérives, qui ont évolué pendant des années de façon insidieuse, s’imposent désormais au grand jour. Sur le terrain, dénis, instrumentalisations perverses des situations, des procédures, et référentiels professionnels biaisés, entravent considérablement la protection des enfants et le travail des intervenants. C’est de ce constat, et de l’urgence d’en comprendre les mécanismes et les enjeux, que résulte ce livre d’alerte, co-écrit par des professionnels engagés dans le respect de l’intégrité et de la responsabilité : pour que la protection de l’enfance devienne, enfin, une réalité, et que la vie de ces enfants ne soit plus davantage fracassée.

Danger en protection de l’enfance, Dénis et instrumentalisations perverses

Hélène Romano & Eugénie Izard

Avec les contributions de :
Ariane BILHERAN – Édouard DURAND
Marie-Christine GRYSON-DEJEHANSART – Illel KIESER `L BAZ – Jacqueline PHELIP – Brigitte ROBILLIARD – Muriel SALMONA

Préface de Maurice BERGER

http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/action-sociale-et-medico-sociale/enfants-et-adolescents/danger-en-protection-de-lenfance

Sous l’égide du REPPEA Réseau de Professionnels pour la Protection de l’Enfance et de l’Adolescence

www.reppea.org

reppea.asso@gmail.com




Depuis 1999 date des premières alertes lancées par des associations de victimes de la pédocriminalité intrafamiliale jusqu’à ce jour, nombreuses sont les voix qui s’élèvent contre les dysfonctionnements dans la protection de l’enfance maltraitée.

Notons en premier lieu la suspicion à l’encontre de la parole des enfants dévoilant des atteintes sexuelles allant jusqu’au viol, la mise en cause immédiate et directe des parents qui soutiennent ces dévoilements – la plupart du temps des mères. Ces mises en cause peuvent aller jusqu’à des
peines de prison pour ces parents suite à des plaintes portée contre eux.
Notons aussi la légèreté des peines prononcées contre les adultes prédateurs quand on parvient au procès après un parcours labyrinthique dans des procédures longues, humiliantes pour les victimes, sans soutien institutionnel. La correctionnalisation des viols à des fins d’allègement des charges des tribunaux, le défaut de personnels de police, de gendarmerie et de justice pour recueillir la parole des jeunes victimes, des juges suspicieux, des experts arrogants, négligeants et lapidaires. Des juges qui cautionnent sans aucune référence scientifique des placements arbitraires ou qui valident le fameux SAP – Syndrome d’Aliénation Parental – qui donne foi à la parole de l’accusé… La liste est longue et la France accuse dans le domaine de la protection de l’enfance un retard considérable en comparaison d’autres Nations qui ont pris depuis longtemps la mesure du fléau des violences familiales, maltraitances psychologiques, physiques, sexuelles.

Au nom du respect de la vie privée, on considère, dans ce pays, que l’inceste demeure réservé à la sphère intime et le politique persiste dans le déni d’une atteinte grave portée à l’évolution de l’enfant et dont les conséquences à l’âge adulte ont un coût personnel et social gigantesque.

Depuis 3 ans, en parallèle aux associations de victimes, des professionnels de la santé s’organisent pour dénoncer ces dysfonctionnements. Le REPPEA, Réseau de Professionnels pour la Protection de l’Enfance et de l’Adolescence, présidé par la Dr. Eugénie Izard – Toulouse, <www.reppea.org>. C’est dans la perspective d’une meilleure information portée auprès des professionnels, des politiques et du public qu’un deuxième colloque est organisé à Toulouse le samedi 8 octobre 2016 à Toulouse. Le premier ayant eu lieu à Paris le 10 avril 2015, les actes de ce colloque publiés chez Dunod, Danger en protection de l’enfance, 2016.

image
image
image

Ces dérives, loin de révéler les seuls dysfonctionnements de quelque institution sociale ou policière dévoilent un plus grave et plus profond problème de société dont les origines s’ancrent dans l’histoire de nos pays où la domination masculine apparaît comme un fait de nature. Ainsi, laisser le mâle dominant user de barbarie à l’encontre de ses familiers les plus proches, femmes et enfants, fut considéré comme un fait de coutume. Mais l’Histoire est cruelle et toutes les civilisation qui ont ainsi sacrifié la semence de leur futur signèrent aussi leur fin.